Non maman, je ne veux pas y aller...



Lors des différentes étapes du développement, il est fréquent pour les enfants de présenter des inquiétudes pour différentes raisons. Il est normal d’observer des signes d’anxiété chez les bébés âgés entre 8 et 18 mois lorsqu’ils n’arrivent plus à voir leurs parents à proximité. Pendant cette période, les enfants vont graduellement développer leur sentiment de confiance et apprendre que leurs parents ne s’absenteront pas pour toujours.


L’angoisse vécue par certains enfants peut parfois prendre des proportions démesurées. C’est alors qu’il est peut-être question d’anxiété de séparation. L’enfant qui souffre d’anxiété de séparation manifeste une peur excessive d’être séparé de la maison, de ses parents ou d’un autre adulte de confiance. Il imagine différents scénarios catastrophiques et s’inquiète de ce qui pourrait arriver à ses parents s’ils s’absentaient. L’enfant anticipe et vit une grande détresse lors des moments de séparation. Ainsi, il tente de les éviter à tout prix.


Le trouble se manifeste chez les jeunes enfants par des pleurs bruyants et des crises de colère. Leur comportement vise à éviter et repousser le moment critique de la séparation. Les symptômes se présentent différemment chez les enfants plus âgés et les adolescents. Ils manifestent plutôt des signes de détresse qui s’accompagnent de craintes exagérées et récurrentes. Leurs préoccupations sont importantes et il est difficile de les convaincre que leurs pensées sont irrationnelles et qu’il est peu probable que les événements surviennent. Les enfants et les adolescents souffrant d’anxiété de séparation expriment fréquemment qu’ils ressentent des malaises physiques tels que des maux de ventre, des maux de tête et de la nausée. Ils souhaitent éviter les situations qui pourraient les exposer à une séparation. Ainsi, ils peuvent refuser de quitter la maison pour aller à la garderie, aller à l’école et aller dormir chez des amis.


On a longtemps cru que l’anxiété de séparation était un trouble propre à l’enfance. Des études récentes ont démontré qu’il en existe aussi des formes à l’âge adulte. Chez les adultes, le trouble peut se manifester par la présence d’inquiétudes excessives pour le conjoint et/ou les enfants. Le type et l’intensité des symptômes peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre et selon l’âge. Malgré tout, l’évitement des moments de séparation est un comportement commun à tous.


Voici quelques conseils afin de préparer et de faciliter les moments de séparation avec les tout-petits :

- La communication : Prendre le temps de dire au revoir avant de se séparer de l’enfant. À ce moment, on lui explique qu’on va s’absenter pendant une période de temps et qu’on reviendra par la suite.

- La socialisation : Encourager les enfants à aller vers les autres adultes de son entourage. Il faut toutefois éviter de les forcer lorsqu’ils ne sont pas à l’aise. L’enfant peut avoir besoin d’un peu de temps pour s’adapter.

- L’indépendance : Inciter les petits à explorer leur environnement. Les enfants apprennent ainsi qu’ils peuvent découvrir le milieu, mais que leur parent sera disponible au besoin.

- Les émotions des parents : Prendre conscience des émotions ressenties. Les enfants ressentent les émotions vécues par leurs parents. Si vous vivez un sentiment d’angoisse lorsque vous faites garder votre enfant, il est possible que cela contribue à créer une séparation difficile.

- Un objet de transition : Encourager l’enfant à s’attacher à un objet de transition tel qu’une doudou ou une peluche. On peut rappeler à l’enfant qu’il peut se réconforter avec cet objet pendant la nuit ou pendant les autres moments de séparation.


Nous souhaitons que ces informations vous aient bien éclairés sur l’anxiété de séparation et que les conseils présentés facilitent les moments de séparation parfois plus difficiles!


L’équipe de L’effet papillon

Service de psychoéducation

Sources :

American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders DSM-5 (5e éd.). Arlington, VA : American Psychiatric Publishing.

Bacus-Linderoth, A. (2013). Le sommeil de votre enfant : Tout comprendre et surmonter les troubles du sommeil. Les éditions Marabout.

Dumas, Jean E. (2009). Psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent (3e édition revue et augmenté). Bruxelles : De Boeck.

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